George Sand

 
 
 
 
 

George SAND, SA VIE...





Le 12 messidor an XII de la République, (1er juillet 1804),  naît à Paris  Amantine, Aurore, Lucile Dupin, fille de Maurice Dupin officier impérial et de Sophie Delaborde fille d'un oiselier parisien.


Qui aurait pu se douter du destin tout à fait hors du commun de cette lointaine descendante   d'un roi de Pologne.


Depuis des générations, la mémoire de George Sand était embaumée dans l’expression convenue de « la bonne dame de Nohant », elle qui a été si irrespectueuses des convenances. Il est grand temps de mettre fin à ces clichés.


         George Sand a eu toutes les audaces, publiques et privées : celle de s’habiller en garçon et de fumer le cigare, celle de dénoncer l’aliénation du mariage et d’affirmer les droits de l’amour passion, celle de croire au génie du peuple et d’écrire selon son cœur. Sa devise était «  Liberté, Egalité, Solidarité ». Elle s’est battue contre l’obscurantisme des églises et le mépris des nantis. Elle a été obstinément fidèle à ses amis et à l’idéal d’une République apaisée, contre l’oppression des dictatures et la violence sanglante des révolutions. Elle a prêté sa voix aux humbles, aux malheureux, à tous ceux qui n’avaient jamais eu la parole devant  l’histoire : un combat, qui  assurément,  est loin d’être terminé.


         Elle a cru à la souveraineté de l’art, à la profondeur des traditions populaires, à la mission de la littérature, en inventant une image moderne de l’écriture engagée. Elle a adoré la nature et détesté le culte du profit,. Elle fut l’une des toutes premières à dénoncer la soumission abusive des femmes et à combattre pour faire reconnaître leur citoyenneté.


        


En croisant toutes ces audaces, et par la force tranquille du travail, George Sand a édifié une œuvre colossale dont il nous revient aujourd’hui de découvrir l’actualité. Femme de son temps, elle à représenté pour le monde entier une figure flamboyante de la France, avec une intensité et une évidence qu’elle n’a partagée qu’avec Victor Hugo.


         Voici donc George Sand, femme de son temps…


George Sand est née d’une double filiation :


Son père Maurice Dupin, est le descendant d’une famille riche.


Sa mère Sophie Victoire Delaborde, est la  fille d’un marchand d’oiseaux des quais de Paris.

La grand-mère paternelle de George Sand était la fille naturelle du Maréchal de Saxe, qui lui- même était le bâtard du roi de Pologne.


En 1777, elle épouse en seconde noce Louis Claude Dupin dit de Francueil de 32 ans son aîné ; ils auront un fils  unique, Maurice, futur père de George Sand.


Madame Dupin de Francueil, devenue veuve vit dans son hôtel particulier à Paris, en 1793 afin de s’éloigner de la terreur, elle achète le domaine de Nohant,  son fils Maurice est alors âgé de 15 ans.


Trois ans plus tard, Maurice s’engage dans les chasseurs à cheval, laissant à Nohant un fils naturel (Hippolyte Chatiron). En 1800 lors de la campagne d’Italie à Marengo il rencontre Sophie Victoire Delaborde, elle est la maîtresse d’un officier,  il en devient éperdument amoureux, ils deviennent amants. En 1804 elle est enceinte, ils se marient en secret, trois semaines  plus tard, le 1er juillet, naît à Paris,  Amantine, Lucile, Aurore Dupin, future George Sand.

Lorsque madame Dupin de Francueil apprend le mariage de son fils unique avec une aventurière, elle fait tout pour le faire annuler, mais n’y parviendra pas. Elle est contrainte d’accepter cette mésalliance.


Quatre ans plus tard, Maurice Dupin est en Espagne, il est devenu aide de camp du général Murat. Son épouse Sophie, ainsi que la petite Aurore, le rejoignent, les choses se gâtent pour la France, Maurice et sa petite famille reviennent en France, le voyage est épouvantable, ils arrivent à Nohant  en juillet 1808, malades et très fatigués.


Madame Dupin les accueille….Quelques jours plus tard, c’est le drame, un drame qui n’est pas sans conséquences dans la destiné d’Aurore,  en effet son père, Maurice Dupin se tue à Nohant d’une chute de cheval.


Madame Dupin perd son fils unique, Sophie est veuve et Aurore est orpheline à l’âge de 4 ans. La mère et la grand-mère ne se comprendront jamais, elles finiront même par se haïr. Commence alors un combat pour l’avenir d’Aurore, le chantage affectif a raison de la pauvreté de Sophie. L’héritière restera chez sa grand-mère, tantôt à Nohant, tantôt à Paris. L’enfant, devenue comme elle le dira « pomme de discorde », est tiraillée, à guetter les instants de présence de sa mère.


Elle est élevée à Nohant selon des principes très rigoureux que lui inculque son précepteur (François Deschartres), qui avait été également le précepteur de son père.  Il lui donne une instruction soignée ; à 12 ans elle lit Le Tasse et Homère, et manifeste de réelles dispositions  pour la musique et en particulier pour le piano.


C’est en compagnie de ce précepteur, qui est également un peu médecin et un peu vétérinaire, qu’elle découvre  cette campagne berrichonne.

Cette campagne profonde qui va la marquer et qui lui inspirera de nombreux romans.

Elle préfère d’ailleurs  la base d’une éducation populaire à l’éducation transmise par son précepteur.

Elle se forme au contact de la nature et des petits paysans de la Vallée noire.


Ce qui, très vite  effraie sa grand-mère, qui fait venir sa petite fille et lui déclare :


« Ma fille ….votre teint se noirci, vos mains sont gercées, vos pieds vont se déformer dans les sabots. Votre cerveau se déforme et se dégingande comme votre personne…vous n’avez point de tenue, point de grâce, point d’à-propos , vous avez besoin de maîtres d’agrément, et je ne puis vous en procurer ici. J’ai donc résolu de vous mettre au couvent »


En fait, Aurore est très heureuse de cette décision, elle s’imagine qu’elle va pouvoir retrouver sa mère à Paris…ce sera une grande déception, elle entre au couvent des Augustines anglaises en 1818 (un établissement réservé aux jeunes filles de la noblesse), elle a 13 ans et demi. Elle se rebelle, elle est classée dans le camp des diables, néanmoins elle reçoit une solide éducation, elle parle anglais, un peu italien, se perfectionne en musique, mais traverse aussi une crise mystique, elle désire prendre le voile, la sagesse de ses supérieures l’en dissuade.

Sa grand-mère effrayée par cette crise de dévotion la retire de ce couvent en 1820, elle y aura passé un peu plus de deux années. Aurore retrouve ainsi Nohant, mais aussi l’ennui près d’une grand-mère vieillissante et malade, pour briser cet ennui Aurore lit beaucoup et notamment se nourrit des philosophes du 18 eme, dont Voltaire et Rousseau.

L’année suivante, Madame Dupin de Francueil décède, Aurore est l’unique héritière de sa grand-mère qui lui lègue Nohant et ses terres (environ 250 hect) , un hôtel particulier à Paris et des rentes tout cela n’était que les miettes de la fortune des Dupin qui avait été considérable. Aurore se retrouve riche, mais mineure, avant de disparaître Madame Dupin de Francueil avait désigné son cousin, René de Villeneuve  propriétaire du château de Chenonceau, tuteur d’Aurore. A l’ouverture du testament à Nohant, Sophie-Victoire  découvre que sa fille est l’unique héritière, elle entre alors dans une grande colère et exige que sa fille lui soit confiée.

Aurore tombe  sous la tutelle de sa mère, dont l’aigreur et l’agressivité éclatent contre tout ce qui est Dupin, famille, noblesse. Sophie ramène sa fille à Paris, et lui fait mener une vie infernale, elle lui  prend ses livres et la menace du couvent.


Afin d’échapper à cette mère démoniaque, Aurore se réfugie chez des amis, les Rottiers au Plessis Picard en région parisienne, c’est là qu’elle rencontre son futur mari. le mariage  aura lieu le 22 septembre 1822, elle épouse François Dudevant dit Casimir, fils d’un baron d’empire, elle a 18 ans il en a 27 . Ils auront deux enfants, Maurice et Solange.


Le ménage vit à Nohant , sans désagrément, mais de façon progressivement différente selon leurs goûts et tempéraments : Casimir passe de longues journées à la chasse, fréquente les cabarets, sa jeune femme lit, s’occupe de son fils, fait de la musique, essaie d’être une bonne épouse, mais   rapidement s’ennuie. Très vite Aurore entrera même dans une lente dépression. 



« Dans les commencements de mon mariage, j’avais la volonté de complaire à mon mari et d’être la femme de ménage  qu’il souhaitait que je fusse. Les soins domestiques ne m’ont jamais ennuyée et je ne suis pas de ces esprits sublimes qui ne peuvent descendre de leurs nuages. Je  vis beaucoup dans les nuages, certainement, et c’est une raison de plus pour que j’éprouve le besoin de me retrouver souvent sur la terre »


Trois années s’écoulent, et déjà de gros nuages sombres planent au dessus du couple Dudevant. Afin de tenter de sauver leur couple, ils décident de partir pour les Pyrénées  à Cauterets. Casimir assouvit toujours sa passion pour la chasse, Aurore fait la connaissance d’un jeune magistrat Bordelais : Aurélien de Sèze, avec lequel elle échangera une importante correspondance, mais cette relation restera platonique.


Les années   1826-1830, furent plutôt moins pénibles. Fixée sur la médiocrité de Casimir, Aurore songe désormais à vivre par et pour elle-même. A mesure que le désordre s’installe à Nohant, Aurore ne rêve que de liberté et d’indépendance  pour elle et pour ses enfants.


La jeune femme retrouve ses amis d’adolescence ( Fleury, Duteil, Néraud, Duvernet avec qui elle alterne vie intellectuelle et promenades nocturnes, sciences naturelles et lectures commentées. Parmi cette jeunesse se trouve Stéphane Ajasson de Gransagne qui devient son premier amant, et qui selon toute vraisemblance est  le père de Solange.


Les relations entre Aurore et son mari se dégradent considérablement, ils ont un seul point commun : la politique d’opposition à Charles X. Ils font désormais chambre à part.


Le 30 juillet 1830, tandis qu’on ne parle que des trois glorieuses et de la chute de Charles X , Aurore qui a 26 ans  rencontre chez des amis, à quelques km de Nohant un jeune étudiant en droit de 19 ans : Jules Sandeau, (le petit Jules) Elle en fait rapidement son amant (en secret) et obtient de son mari l’autorisation de partager désormais son temps entre Nohant et Paris, où elle retrouve Jules Sandeau.

L’aube du romantisme s’est levée sur la vieille cité depuis un an à peine, entraînant dans son sillage une légion turbulente, frondeuse, impatiente de refaire le monde ….Une légion qui se nomme elle-même la jeune France, dont les chefs de file n’ont pas trente ans et s’appellent Victor Hugo, Théophile Gautier, Eugène Delacroix, ou Alfred de Musset.

         Très rapidement Aurore se retrouve au centre de ce cénacle de jeunes intellectuels.

Pour subvenir à ses besoins, elle se fait engager au Figaro, dirigé par un compatriote berrichon Henri de Latouche.


C’est en compagnie de Jules Sandeau qu’elle écrit son premier roman (Rose et Blanche) qui sera signé, non pas Jules Sandeau ni Aurore Dudevant, mais J. Sand . Il est publié en 1831.


        


Voyant là l’occasion de conquérir une certaine liberté et aussi son indépendance financière, elle continue à  écrire et l’année suivante Aurore publie ses deux  premiers romans, (Indiana et Valentine) cette fois écrits de sa propre main et c’est de Latouche qui lui conseille (pour de basses raisons commerciales)  de se trouver un vrai nom de plume avec de préférence un prénom masculin. Sans hésiter Aurore devient George, nous sommes en 1832 George Sand est née !

         C’est le début d’une fabuleuse carrière, tout au long de sa vie George Sand publie une centaine de livres, elle écrit des milliers de lettres, des centaines d’articles dans des journaux d’oppositions, elle fonde elle-même plusieurs journaux républicains, des dizaines de pièces de théâtre.

Dès son premier roman la critique est élogieuse : un article d’Alfred de Musset le 14 juin, un de Gustave Planche, un de Sainte Beuve. Tous soulignent la portée sociale du texte et l’énergie de sa condamnation du mariage, Chateaubriand écrit à George Sand « Vous serez le Lord Byron de la France » Ce premier ouvrage est une véritable déclaration de guerre au code Napoléon.

François Buloz directeur de « La Revue des Deux Mondes » souhaite sa collaboration.

George Sand met sa plume au service du peuple et d’un certain engagement social,  qui ne se démentira jamais, qui évoluera même vers un engagement politique.

George Sand a contribué d’une façon extraordinaire à faire évoluer les mœurs et les mentalités, elle n’a pas hésité à se compromettre et à provoquer la bourgeoisie, notamment en portant le pantalon, en fumant en public, ou pire encore à afficher au grand jour ses amours adultères, ce qui lui valut  d’être mise à l’index et traitée de femme scandaleuse. George Sand a été une  femme de son temps, mais résolument tournée vers l’avenir, avec une clairvoyance et une vision tout à fait hors du commun, son combat sera celui de voir élever la femme au rang de citoyenne à part entière, elle milite en faveur de l’égalité des sexes,  de l’amour libre, de l’amour passion.

         Elle écrit :

« Que la femme soit différente de l’homme, que le cœur et l’esprit aient un sexe, je n’en doute pas…Mais cette différence, essentielle pour l’harmonie des choses, doit-elle constituer une infériorité morale ? »


        Elle savait pertinemment que  toutes ses audaces, toutes ses prises de positions, ne serviraient pas forcément à la condition féminine de son temps mais auraient un impact  dans l’avenir.



En 1833   George Sand publie Lélia et  rencontre Marie Dorval qui lui donne l’amour du théâtre.



Dans l’écriture du roman Lélia, il y a, à la fois, la crise morale que traverse la toute nouvelle George Sand : dépression et pessimisme,et les  échecs de  son mariage, et de ses  liaisons  avec Jules Sandeau et Prosper Mérimée.


En juin elle fait la connaissance d’Alfred de Musset lors d’un dîner qui réunit les collaborateurs de « La Revue des Deux Mondes ».



le 25 juillet 1833 Alfred de Musset écrit :


« Mon cher George, j’ai quelque chose de bête et de ridicule à vous dire… Vous allez me rire au nez, me prendre pour un faiseur de phrases. Vous me mettrez à la porte et vous croirez que je mens.  Je suis amoureux de vous. Je le suis depuis le premier jour où j’ai été chez vous. ».

                   Quelques semaines plus tard ils deviennent amants…               


Ils décident alors de partir pour l’Italie, ils partent le 12 décembre, passent par Marseille, Gênes, Florence et arrivent à Venise le 1er janvier. Ils s’installent à l’hôtel Danielli, situé face au grand canal. George Sand souffre d’une dysenterie, Musset en profite pour se distraire dans les cabarets à filles de Venise, à son tour il tombe malade.  Le docteur Pagello est appelé à son chevet, Sand en tombe amoureuse et avec lui s’engage une relation plus reposante.  Tandis qu’elle écrit plusieurs textes (Le secrétaire intime, Léone Léoni, Jacques) , Musset se remet lentement, et rentre à Paris fin mars, il commence à écrire « La confession d’un enfant du siècle »

George Sand  ne rentre en France que fin juillet en compagnie du docteur Pagello. Dans la capitale, elle retrouve Musset.



Plus tard, Pagello retournera en Italie. Musset est jaloux, les scènes se succèdent, alternées de passion délirante,  ce qui épuise tout le monde, eux , et même  leurs amis « Le véritable amour  c’est quand le cœur, l’esprit et le corps se comprennent et s’embrassent » (lettre d’Alfred de Musset à George Sand 1834).

Lors d’un dîner chez la Comtesse Marie Dagoult , Musset présente à George Sand Franz Liszt .

La relation Sand Musset est agonisante, George
rompt définitivement et part pour Nohant où elle se plonge dans le travail.



En 1835 elle entame une procédure à l’encontre de son mari, afin d’obtenir sa séparation  de corps et de biens. Elle rencontre Michel de Bourges célèbre avocat républicain qui défend alors en compagnie de Garnier-Pagès, Ledru-Rollin et Barbès, les ouvriers accusés des révoltes de Lyon, elle devient la maîtresse de cet avocat , qui va avoir sur elle une énorme influence politique, il lui enseigne les doctrines de gauche. L’appartement de George devient un cénacle républicain, elle y reçoit Alphonse Fleury, Emmanuel Arago, Franz Liszt, qui amène l’abbé Lamenais dont il est le fervent disciple.


En 1836 elle gagne son procès, elle redevient une femme libre et retrouve enfin la jouissance de  ses propres biens.


Après cette épreuve elle partira avec ses deux enfants en voyage à Chamonix, où elle retrouve Franz Liszt et Marie Dagoult, ce sera une semaine d’excursions, et  de visites en Suisse.


De retour à Paris, ils s’installent à l’Hôtel de France, et fréquentent cette « Bohème de luxe » internationale que Liszt et Marie d’Agoult réunissent ; Meyerbeer, Lamenais,  H Heine, Eugène Sue, Pierre Leroux, Charlotte Marliani, et c’est là aussi que George Sand rencontre pour la première fois ce génie, Frédéric Chopin.

Ce ne sera pas un coup de foudre, George Sand mettra 2 ans pour conquérir le cœur de Chopin.


En 1837 elle publie Les maîtres mosaïstes, Mauprat et ses Lettres à Marcie sur la liberté sociale.


George  Sand ouvre sa maison de Nohant à ses amis, Franz Liszt et Marie d’Agoult arrivent en février, ils ne resteront qu’une semaine, mais promettent de revenir passer l’été, ils tiennent parole et s’installent à Nohant en mai, pour y rester 11 semaines.

         Liszt n’est pas venu les mains vides, il a apporté des partitions de Schubert, de Berlioz et aussi de Beethoven, outre la détente et les longues promenades dans cette campagne Berrichonne, souvent Liszt,   termine   les soirées devant le Erard, que George a loué pour lui.

        


En octobre elle reçoit Pierre Leroux considéré comme l’inventeur du socialisme, il a été St Simonien,  il devient son maître à penser. Ils vont collaborer dans la création de plusieurs journaux d’opposition.  Au début 1838 Honoré de Balzac lui rend visite, il est en train de rédiger Béatrix (ou le trio Liszt, Marie d’Agoult, Sand sert de base à une fiction, d’ailleurs assez méchante).

Au cours de l’été 1838 à Paris, George Sand devient la maîtresse de Frédéric Chopin, c’est le début d’une aventure de neuf années qui commence.

En septembre 1838, elle écrit à Eugène Delacroix « je commence à croire qu’il y a des anges déguisés en homme, qui se font passer pour tels, et qui habitent la terre quelques temps pour consoler et pour attirer avec eux vers le ciel les pauvres âmes fatiguées et désolées prêtes à périr ici bas »

Afin de mettre cet amour tout neuf à l’abri des commérages, ils décident de partir en voyage, tout d’abord George Sand pense à l’Italie, puis réflexion faite, cela lui évoque trop de souvenirs. Sur les conseils de Charlotte Marliani (son mari est Consul d’Espagne) ils se décident pour les îles Baléares et plus précisément pour les cieux cléments de Majorque, ce sera un voyage de famille puisque les deux enfants de George  les accompagnent. 

Ils voyagent séparément et se retrouvent à Perpignan ? puis se rendent à Port-Vendre où ils embarquent pour Barcelone, et de Barcelone à Palma, où ils arrivent vers le 15 novembre.


Chopin est ébloui par la douceur du climat méditerranéen, par la beauté de la végétation,  mais malheureusement le temps devient vite mauvais et Chopin tombe malade. Les habitants apprennent la maladie de Chopin qui est contagieux, ils sont obligés de déménager  du petit appartement qu’ils avaient  loué  en arrivant sur l’île,  pour  se réfugier sur les hauteurs de Palma, dans une chartreuse désaffectée (la chartreuse de Valdemosa). Tout en vivant dans des conditions précaires, ils réussissent quand même à travailler, lui à ses 24 préludes qu’il avait vendus à Pleyel avant de les avoir composés et elle à Spiridion.

Ce voyage, qui aurait dû être idyllique tourne rapidement au cauchemar et début février ils décident de quitter cette île et  de rentrer en France Ils font une halte à Marseille où ils séjournent un mois et demi, puis regagnent Paris.


Frédéric Chopin découvre  Nohant le 1er juin 1839 pour la première fois, il est impressionné par ce « Berry » qu’il compare à sa Mazovie natale. Ce sera le premier été passé à Nohant par Chopin, les hivers sont passés à Paris, lors des sept étés passés à Nohant (1839/1846)  Chopin composent environ cinquante de ses œuvres.

L’été 1840 est passé à Paris George Sand est occupée par sa première pièce de théâtre Cosima.

A partir de cette date, l’engagement social de George Sand devient politique : Le compagnon du tour de France est écrit après la rencontre avec Agricol Perdiguier (compagnon menuisier, appelé « Avignonnais la vertu » qui lui-même publiera plusieurs ouvrages sur le compagnonnage et les conditions de travail). George Sand écrit : « C’est dans le peuple qu’est l’avenir du monde » Le régime de Louis Philippe devient répressif, elle écrit Horace, qui est un manifeste. Buloz, son éditeur plutôt royaliste, recule. Ils se brouillent.



Afin de publier Horace George Sand fonde en compagnie de Louis Viardot et Pierre Leroux « La Revue Indépendante », elle devient une sorte de symbole officiel et européen de la lutte des opprimés, des femmes, et aussi du socialisme chrétien.


Ses relations épistolaires avec Guiseppe Mazzini commencent, elle découvre les poètes issus du peuple : notamment Charles Poncy (maçon Toulonnais), avec qui elle entretiendra une relation d’amitié jusqu’à sa mort. Elle lui  écrit en 1843 :

« Moi qui suis en apparence dans les rangs de l’aristocratie, je tiens au peuple par le sang autant que par le cœur…je fus faîte demoiselle et héritière, mais je n’oublierai jamais que  le sang plébéien coulait dans mes veines ».

L’année suivante, grâce à sa nouvelle amie Pauline Viardot, sœur de La Malibran et cantatrice elle-même,  George Sand approfondit sa folie de la musique. Consuelo, qui paraît dans « la Revue Indépendante » est la grande synthèse de l’art, de l’utopie sociale, du fantastique et de l’hymne à l’amour.

Pendant l’été 1843 visite à Nohant de Eugène Delacroix, et de Pauline Viardot.

Eugène Delacroix, fera plusieurs séjours à Nohant, George Sand lui fait aménager un atelier, une dizaine de toiles seront peintes, dont « l’Education de la Vierge ».

1844 : début avec Jeanne des romans dits « rustiques » ou « champêtres », appellation imparfaite qui recouvre plusieurs romans sociaux (Le Meunier d’Angibault 1845, François le Champi 1847) également des contes modernes (La Mare au Diable 1846, (La Petite Fadette 1849), et enfin : Les Maîtres sonneurs qu’elle écrit en 1853.

En septembre, elle fonde L’Eclaireur de l’Indre, journal républicain.


En 1846, George Sand publie Lucrezia Floriani, qui gêne tous les amis par la transparence sur la relation quasiment maternelle entre Chopin et Sand, qui semble bien, malgré une chasteté forcée, être restée fidèle à  Chopin pendant toute leur liaison. Une liaison qui s’émousse, George Sand est lasse de ce compagnon devenu un fardeau, de gros nuages planent au dessus du couple.

         Chopin devient de plus en plus difficile à vivre, il devient jaloux, se dispute de plus en plus souvent avec Maurice. En revanche il s’entend plutôt bien avec Solange.


Au quotidien la situation  devient insupportable.  Le 11 novembre 1846, Frédéric Chopin quitte Nohant, sans savoir qu’il n’y reviendrait jamais.

Solange, épouse le 19 mai 1847 le sculpteur Auguste Clésinger, rapidement de gros problèmes d’argent apparaissent dans la vie du couple dus à leur train de vie, ils réclament de l’argent à George Sand, elle refuse, après une scène dramatique, le couple Clésinger est mis  à la porte de Nohant

George Sand écrit à Marie de Rozières :

« Ce couple diabolique est parti hier soir, criblé de dettes, triomphant dans l’impudence, et laissant dans le pays un scandale dont ils ne pourront jamais se relever. Je ne veux jamais les revoir, jamais ils ne remettront les pieds chez moi. Ils ont comblé la mesure. Mon Dieu ! je n’avais rien fait pour mériter un telle fille… »

A partir de cet instant un véritable imbroglio mélodramatique s’installe, Solange colporte des ragots, est jalouse de son frère et d’une cousine adoptée par sa mère.  Chopin prendra parti pour Solange, ce qui a pour conséquence  la rupture définitive.

Le 28 juillet suivant George Sand écrit à Chopin une longue lettre :

« …Faites ce que votre cœur vous dicte maintenant…

Quant à ma fille…elle aurait mauvaise grâce à dire qu’elle a besoin de l’amour d’une mère qu’elle déteste et calomnie….il vous plaît d’écouter tout cela et peut-être d’y croire. Je n’engagerai pas un combat de cette nature ; il me fait horreur. J’aime mieux vous voir passer à l’ennemi que de me défendre d’une ennemie sortie de mon sein et nourrie de mon lait…

Adieu mon ami, que vous guérissiez vite de tous maux, et je remercierai Dieu de ce bizarre dénouement de neuf années d’amitié exclusive. – Donnez-moi quelquefois de vos nouvelles. Il est inutile de jamais revenir sur le reste »


         Ils se croiseront une dernière fois le 4 mars 1848 dans le vestibule de chez la comtesse Marliani, où d’ailleurs Chopin apprend à George  Sand qu’elle vient d’être grand-mère.

         En effet Solange vient de mettre au monde une petite fille, qui malheureusement ne vivra qu’une semaine.


Après l’abdication de Louis Philippe,  éclate à Paris l’insurrection de février 1848, alors que George Sand se trouve à Nohant, proclamation de la seconde  République et  instauration d’un gouvernement provisoire.

Elle rejoint Paris, et ses amis au pouvoir, Louis Blanc, Emmanuel Arago, Armand Barbès, Ledru Rollin, elle accepte d’assurer les éditoriaux du « Bulletin de la République » qui devient l’organe officiel du gouvernement et qui est distribué dans toutes les mairies de France. Elle  se mobilise pour faire nommer ses amis à des postes à responsabilités, son fils devient Maire de Nohant.

         « Nous nous lançons dans l’inconnu avec la foi et l’espérance »

-  Mise en place du suffrage universel

- Abolition de l’esclavage dans les colonies

- Abolition de la peine de mort.

Avec l’assentiment de Ledru-Rollin, elle va se lancer dans un travail de communication en s’adressant à chaque classe de la société par ses lettres au peuple.

« Si la révolution s’appuie sur les riches contre les pauvres, la République n’a pas quinze jours de vie. Si au contraire elle s’appuie sur les pauvres contre l’appétit des riches, les pauvres seront sages, patients, généreux et ils permettront à leurs amis de tout concilier ».


         Dans le Bulletin de la République n° 4, elle étendait avec hardiesse la notion de Républicanisme, qui pour elle signifiait égalité.


         « Le règne du peuple », écrivait-elle « s’appelle République »


George Sand fonde en compagnie de Louis Viardot un second journal « La cause du peuple » qui sortira seulement 3 numéros, les 9, 16, et 23 avril.

Elle préconise :

-         L’éducation gratuite pour tous

-         La bonification des terres pour augmenter les rendements

-         La mise en place d’assurances contre les sinistres

-         La lutte contre la spéculation

-         Elle préconise également que l’état prenne en charge ceux qui ne peuvent pas travailler.


Le 6 avril,  Eugénie Niboyet, propose la candidature  de George Sand à l’Assemblée Nationale.

« Nous voulons nommer Sand. La première femme appelée à l’assemblée constituante devrait être acceptée par les hommes. Elle s’est faite homme par l’esprit, elle est restée femme par le côté maternel »

George Sand répond sèchement :

« J’espère qu’aucun électeur ne voudra perdre son vote en prenant fantaisie d’écrire mon nom sur son billet ».


         « Les femmes doivent-elles un jour participer à la vie politique ? » demandait George Sand. « Oui un jour, je le crois avec vous, mais ce jour est-il proche ? Non, je ne le crois pas, et pour que la condition des femmes soit aussi transformée, il faut que la société soit changée radicalement… »

        

La question de l’émancipation des femmes et de leur participation à la vie politique est marginale par rapport aux différents groupes que mènent la révolution : peuple et bourgeoisie, Paris et province, révolution et réformisme, place du vote démocratique ; dans le bulletin n° 16, Sand suggère que le peuple aurait le droit d’insurrection pour défendre la République contre la réaction qui s’annonce.




En mai, la manifestation de soutien à la Pologne tourne à l’émeute et à la tentative de coup de d’état, mais qui échoue : s’en suit  l’arrestation de Armand Barbès, Blanqui, Pierre Leroux. Louis Blanc, quand à lui, s’exile, George Sand rentre à Nohant craignant d’être arrêtée. Elle continue à participer à « La vraie République »

Intensification  des échanges épistolaires avec les révolutionnaires européens : Mazzini, mais aussi Marx et Bakounine.



Le 4 juin, prise du pouvoir par Cavaignac, qui réprime brutalement le peuple de Paris.


Désespoir politique  que n’arrangent pas le retour et l’élection avec une majorité écrasante de Louis Napoléon Bonaparte, qui concilie les modérés et la réaction.

La situation financière  de George Sand se dégrade,  et même « La Petite Fadette » dédiée à Barbès a du mal  à se publier. Elle doit soutenir ses amis, ses enfants, les demandeurs divers. Plusieurs deuils s’accumulent : le 24 décembre son demi frère Hippolyte, en mai 1849 Marie Dorval, le 17 octobre 1849 Frédéric Chopin s’éteint place Vendôme à Paris, ses obsèques seront célébrées en l’église de la Madeleine, Pauline Viardot interprètera le Requiem de Mozart, selon ses vœux son corps sera ouvert, son cœur prélevé, sa sœur Ludvika l’emmènera à Varsovie, et sera déposé dans un des piliers de la cathédrale Ste Croix. George Sand n’assistera pas à ses obsèques.



        Après l’échec de cette Seconde République, on constate un  changement radical chez George Sand, elle se désengage de la scène politique, et en même temps de la vie parisienne.

         Elle fonde de ses propres deniers un dernier journal « Le Travailleur de l’Indre »

Elle se consacre à ses amis berrichons, à sa famille, à son domaine, dorénavant elle va mener à Nohant une vie presque monacale.


Ce sera la période des théâtres, George Sand sacrifie deux  pièces du rez-de-chaussée de sa maison  afin d’y installer le théâtre de marionnettes de son fils et un vrai théâtre avec scène, coulisses, fosse d’orchestre, décors, etc.

Cette période coïncide aussi  avec le début de son dernier grand amour, un ami de son fils Alexandre Manceau. Il est graveur, il entre à son service en tant que secrétaire, il deviendra son compagnon, cela durera 15 ans,  jusqu’à la mort de Manceaux.

Manceaux prend en charge la vie concrète de la maison, et aussi les distractions, il devient le régisseur du théâtre , le metteur en scène, et aussi comédien, de très nombreuses pièces sont montées à Nohant, et sont jouées devant un public d’amis et de familiers .



George Sand écrit le dimanche 16 septembre 1860 dans son agenda :

« On dîne à 5 h . Arrivée d’un très nombreux public. La salle est comble : les Duvernet, les Souchois, les Moreaux de Neuvy, la mère Garcia et les Dubois Brigitte et sa fille, les 2 Pommeroux – pas de Ludre, pas de Vergne ni de Périgois.

L’homme de campagne commence à 9 h, très bien joué généralement avec un ensemble parfait. Lucien est très convenable et sûr de son rôle. Marie Caillaud de plus en plus étonnante. Marie Lambert charmante, la Margot à croquer, rappelée à la fin du premier acte. Marie Delavaud lui jette un bouquet. Jacques est étonnant d’aplomb et de tranquillité, il joue comme un vieux cabotin. Maurice fait pouffer de rire tout le temps, il à un succès monstre. Manceau joue d’une manière exquise et très touchante. Le décor est charmant, la mise en scène est très jolie et ingénieuse. Grand succès et grand rappel. Tout le monde part enchanté, nous soupons d’une dinde et de quelques bouteilles de Champagne. On se couche à 2 heures.

Ce petit  théâtre, occupe alors beaucoup de sa vie, il servira aussi à tester les pièces que George Sand commence à écrire assez régulièrement.


         Elle écrit :


        

Nous menons une vie de cabotins ; Nohant n’est plus Nohant, c’est un théâtre ; mes enfants ne sont plus mes enfants, ce sont des artistes dramatiques ; mon encrier n’est plus une fontaine  de romans, c’est une citerne de pièces de théâtre ; je ne suis plus madame Sand, je suis un premier rôle marqué.


François le Champi est adapté au théâtre et est joué à l’Odéon, ce sera un immense succès environ 400 représentations) puis ce sera
Claudie
au théâtre de la Porte St Martin, et le Mariage de Victorine
au Gymnase.

Février 1851, accalmie dans les relations mère/fille, Solange revient à Nohant avec sa deuxième fille, Jeanne Gabrielle ( Nini).


Le coup d’état de Napoléon III le 2 décembre 1851, dont elle est prévenue par  Emmanuel Arago, crée une nouvelle inquiétude, car il est accompagné de nouvelles arrestations et exils : Louis Blanc et Emmanuel Arago à Londres, Pierre Leroux en Suisse, Hetzel à Bruxelles comme  Victor Hugo, Perdiguier et Raspail sont expulsés. George Sand, écrit à Napoléon pour implorer sa clémence envers les Républicains. Afin d’appuyer ses requêtes elle rencontre à deux reprises Napoléon, ce qui va la compromettre aux yeux des Républicains.

Elle reçoit l’aide amicale du Prince Jérôme Napoléon (cousin de Napoléon III), et obtient des résultats concrets. Le Prince Jérôme (surnommé Plon-plon viendra plusieurs fois à Nohant).


En 1853, décès  de Michel de Bourges,


Solange et son mari Clésinger se séparent et se disputent la garde de leur fille Jeanne-Gabrielle surnommée « Nini » .Elle est le plus souvent à Nohant, et c’est pour cette grand-mère qui l’adore un très bon temps : les journées se régularisent, les amis viennent, elle écrit et fait jouer dix pièces de théâtre.

Grande récapitulation des œuvres de George Sand chez Hetzel.

Elle publie un chef d’œuvre dédié à la musique populaire du Berry et du Bourbonnais « Les Maîtres sonneurs »


1854 : George Sand a 50ans ;

Après des péripéties mélodramatiques, Nini est confiée à sa grand-mère par le tribunal, mais son père la reprend de force et l’enfant faute de soins, meurt de la scarlatine. George Sand et Manceaux sont profondément affectés par cette disparition.


« Histoire de ma vie » autobiographie commencée en 1847 est publié.

Au théâtre du Gymnase, on joue « Flaminio »


Afin de changer les idées de sa compagne,affligée par la perte de Nini, Manceau organise un voyage en Italie, Maurice, naturellement part avec eux.

Si la visite des chefs-d’œuvre les éblouit, c’est aussi en direct une prise de conscience des difficultés politiques italiennes.


En 1857,  rencontre de Gustave Flaubert dont le premier roman, « Madame Bovary » vient d’être traîné devant les tribunaux, et fait un grand succès.

George Sand publie « La Daniella » inspiré de ses souvenirs italiens, et qui fera scandale dans la presse.


C’est aussi à cette époque que Alexandre Manceau achète pour sa compagne une petite maison à Gargilesse sur les bords de la Creuse, qui sera baptisée « Algira » du nom d’un papillon rare capturé par Manceau.  Cette petite retraite devient pour Sand et Manceau un havre de paix et de détente, ils se livrent à leurs passe temps favoris, la chasse aux papillons, la recherche de minéraux,  et la collecte de végétaux afin d’enrichir les différents herbiers que George Sand confectionnent avec passion. Plusieurs romans seront ébauchés à Gargilesse, entre 1858 et 1864.


Au printemps 1861, séjour à Tamaris près de Toulon avec Manceau et Maurice.


Ste Beuve suggère à l’Académie, d’attribuer son prix spécial de 20 000 fr à George Sand : 18 voteront contre, (Alfred de Vigny et Prosper Mérimée sont pour) mais finalement on lui préfère Adolphe Thiers. L’empereur  offre de ses propres deniers une somme équivalente, que George Sand refuse. L’impératrice affirme qu’on devrait la nommer à l’Académie, les pamphlets des « pour » et des « contres » s’entrecroisent.


En août, relations d’amitié avec Alexandre Dumas Fils, qui vient passer plusieurs jours à Nohant, (il l’appelle maman), il lui donne des conseils pour ses adaptations théâtrales.


En avril 1862 a lieu le mariage de Maurice avec Lina Calamatta, George Sand va adorer sa belle-fille. Elle devient  grand-mère d’un petit Marc-Antoine, qui malheureusement  décède l’année suivante.


Alexandre Dumas et Théophile Gautier séjournent à Nohant.


George Sand devient de plus en plus anticléricale, et manifeste son opposition au régime impérial, à Paris on joue « Mlle La Quintinie » pièce très anticléricale, George Sand retrouve un certain prestige aux yeux des Républicains.


En 1864 George Sand a 60 ans ; à Nohant, l’atmosphère devient pesante, Maurice et Manceau se disputent de plus en plus souvent, Maurice veut affirmer sa position de mâle dominant, il somme sa mère de choisir entre Manceau et lui.


George et Manceau décident de s’en aller,  ils partent d’abord à Paris, afin de surveiller certaines  répétitions théâtrales.


Le 28 février 1864, la première de l’adaptation du Marquis de Villemer à l’Odéon  fait un énorme succès (anti-jésuite), Flaubert y pleure d’émotion.

En juin George Sand et Manceau, trouvent une petite maison à Palaiseau.

Vers l’automne Manceau commence à se ressentir de tuberculose, la maladie s’aggrave. Pendant l’hiver, ils écrivent un roman ensemble : Le Bonheur.

Manceau s’éteint après une longue et douloureuse agonie le 21 août 1865.


Il laisse Gargilesse, et ses outils de graveur à Maurice. George reste quelques temps à Palaiseau et à Paris afin de régler certains détails.

Ce sera aussi le temps des dîners bimensuels de chez « Magny » ou George Sand est la seule femme admise auprès de Sainte-Beuve, les Goncourt, Théophile Gautier, Gustave Flaubert  et bien d’autres.


Les échanges épistolaires avec Gustave Flaubert deviennent  intenses, il l’appelle « Chère maître » elle lui rendra visite en Normandie, elle lui enverra les deux portraits qu’il demande ainsi que les 75 volumes de ses œuvres.

Leur correspondance très suivie porte sur l’écriture et ses angoisses (surtout pour lui). Ils auront d’immenses divergences de vues sur le lien entre l’œuvre et l’artiste.


Durant l’hiver 1866 George Sand est malade, sa belle fille Lina, la persuade de revenir à Nohant.

Elle a 62 ans, elle va quitter de moins en moins Nohant, elle s’installe dans une petite chambre qu’elle fait tapisser en bleu.

Gustave Flaubert lui rend visite.

George Sand devient grand-mère, sa belle fille Lina met au monde Aurore, et deux ans plus tard Gabrielle, elles sont  surnommées Lolo et Titine, elle devient une grand-mère attentionnée, elle les apprendra à lire et à écrire.

En décembre 1869, on joue Cadio au théâtre de la Porte St Martin, et La petite Fadette à l’opéra comique.

En 1870, dans lAutre, sa dernière pièce, une jeune actrice débute : Sarah Bernhardt. C’est un succès, mais le cœur n’y est pas, George Sand est désenchantée des mouvements révolutionnaires, et  est hostile à la guerre, à laquelle elle ne voit pas de chance de victoire : elle écrira « un sot et odieux besoin d’essayer les fusils ».

George Sand s’affirme républicaine, elle envoie de l’argent à l’Internationale, mais n’arrive pas à se réjouir de la proclamation de la République. Retour des exilés avec qui elle ne reprend pas contact.

Mort de son mari Casimir Dudevant.

Elle suit de loin l’aventure de la République, puis condamnera la Commune et la répression Versaillaise.

Elle écrit le 21 octobre 1871 :

« je hais le sang répandu et je ne veux plus de cette thèse (faisons le mal pour amener le bien, tuons pour créer) »




George Sand écrit « Le journal d’un voyageur pendant la guerre ».

Ses dernières années seront celles de la sagesse, en juillet 1872, elle reçoit ses vieux amis,  Flaubert pour la seconde fois ,  Tourgenieff et aussi sa fifille, Pauline Viardot, avec laquelle elles font un énorme travail de collectage de musiques populaires du Berry.

Elle consacre un ouvrage à ses petites filles « Les contes d’une grand-mère ».

George Sand continue à travailler, mais de plus en plus au ralenti, elle s’épaissit, est de plus en plus malade, elle est désormais « La bonne dame de Nohant »,
sa réputation est mondiale.


Depuis fin mai 1876 George Sand est alitée, son dernier roman « Albine Fiori » ne sera jamais terminé, plusieurs médecins parisiens seront appelés à son chevet, après une phase de souffrances affreuses, elle s’éteint au matin du 8 juin vers 9 h ½ .

Sa fille Solange avec qui elle a très souvent été en conflit impose des obsèques religieuses, l’Archevêque de Bourges accepte malgré la personnalité notoire de la défunte.

Les paysans de Nohant portent le cercueil couvert de fleurs. Ce 10 juin, il fait un temps épouvantable.

Ses amis sont là : Gustave Flaubert effondré de chagrin, qui écrira « il faut l’avoir connue comme je l’ai connue, pour savoir ce qu’il y  avait de féminin dans ce grand homme »sont là également  Ernest Renan, Alexandre Dumas fils, Emile Zola, Calmann-Lévy, Paul Meurisse, le Prince Jerôme Napoléon, après une courte cérémonie, son corps est inhumé dans le cimetière familial,  avant de recouvrir le cercueil de terre un message de Victor Hugo sera lu :

« je  pleure une morte, et je salue une immortelle.

Je l’ai aimée, je l’ai admirée, je l’ai vénérée ; aujourd’hui dans l’auguste sérénité  de la mort je la contemple.




































































































































































































 
Dernière modification : 29/08/2008

George Sand: Actualités

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